Ardente Patience

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Ce jeudi 29 décembre 2011

rien pour tout

deux jours à tirer avant un autre jour. si j'étais raisonnable, à l'heure qu'il est je serais effondrée. je ne bouge quasiment plus que du lit à la chaise, de la chaise au lit comme les p'tits vieux de tu sais qui. je le dis bien haut et fort afin que la Toile entière m'entende. elle est morte la bête mais elle cause encore. il me faut encore un petit peu de foi. enfoncer un peu plus profondément la couleuvre. je n'attends rien d'autre que tout ou rien. je vis comme à l'asile chez moi. je ne respire plus qu'à peine. et mon p'tit me réveille parce qu'il a l'impression que je suis morte quand je dors. au secours bon Jésus. au secours. tu es là mais je ne me sens plus. il ne me reste plus d'esprit que des os. 

Ce mercredi 28 septembre 2011

deux poches cousues

si nous ne faisons pas l'amour c'est bien que je t'aime trop
je t'ai toujours connu
notre extase plus que sublime confondue à la Lumière
nous ferait mal, peut-être
au-delà de la mort, la vie humaine semble superflue...
tu es mon am-i des chansons de Toile
un cordonnier et une bergère c'est trop sérieux pour ne pas changer le monde
tu vois mes mots cousus de fil blanc
que ne disent-ils
que devineraient les autres qui ne vivent pas au rythme de l'éternelle morsure
ah comme j'aurais bien souffert de n'appartenir qu'à un ciel
qu'à ses bleus
qui attraperait cet invisible nuage?...
tu es plus grand que tous les autres
car...
sans fièvre tu as su toucher le coeur du coeur
le saint des saints sur lequel l'enfant pose sa main
que peut l'amour d'un homme contre l'amour

...

mon dieu mes rêves...
ha
mes rêves...
sont plus beaux que le réel
et pas aussi beaux que la vérité
rare sera ma vie

Ce jeudi 7 avril 2011

hahahahaha

c'est l'histoire, la bonne blague, d'un tel qui ferme la porte au nez d'un autre..
et s'enferme lui-même tandis que l'autre demeure à l'air libre.
ma parole, il y a trop de tricheurs dans l'existence
regardons cela comme un bien, cela laisse tellement peu de marge d'erreurs de rencontrer les vaillants

et leur présence rare, unique, authentique et majestueuse. simple quoi.

Ce jeudi 31 mars 2011

Esquisse virtuelle

... le jeu avant la spontanéité, le cynisme avant la candeur, l'artificiel plutôt que le présent. l'armure pour dérober la blessure. les déclarations avant de se connaître. les prétentions de reconnaissance immolées à la moindre émotion déstabilisant le contrôle de soi. la violence des métaphores devant le silence. les montagnes russes en un clin d'oeil. l'inspiration toujours sacrifiée à la composition. répliquer plutôt que répondre.  entrer en scène. dissimuler et faire le reproche à l'autre de ne pas se donner corps et âme au claquement de doigts de velours puis l'avilir pour mieux se rehausser. en quelque sorte : se donner le beau rôle.
mais enfin... : quel cinéma.

Ce vendredi 25 mars 2011

Terror - isme

inquiétisme
alarmisme
philosophisme
réflexionisme
ennuisme
solitudisme
sables-mouvismes

terreur, détresse, apaisez-moi donc, j'ai tant fait patience comme dirait l'autre, j'ai si bien pressé mon coeur de tous les désirs imaginables et toutes les beautés perpétrées qu'il se sent vide, qu'il ne bat presque plus. j'ai peur, j'ai peur de perdre l'enfance du coeur, détresse, terreur, j'ai peur car je ne sens plus rien. je ne ressens que la misère des autres et elle m'afflige aussi bien, elle me suffit à me sentir partie du monde, en harmonie avec sa détresse et sa terreur, je les connais, je les connais bien, que puis-je vouloir demander d'autre, je ne sens plus l'amour se presser contre mon sein, je ne vois plus son visage, je ne demande plus rien... je n'ai plus dix-sept ans, je suis devenue trop sérieuse et je n'attends plus ; seul mon désir demeure quelque peu, mais sans amour, cet amour que l'on ne vole pas, que l'on invente mais seulement une fois qu'il a frappé sa foudre sur votre tête, mais sans amour mon désir ne vaut rien. mais je ne me sens plus courir, nous autres sommes trop compliqués et apeurés... savons-nous même ce que nous voudrions...? si je faisais l'amour peut-être descendrait il au fond de moi comme un voile tombé du ciel qui ferait de moi la mariée informelle, mais je me lèverai après l'acte charnel, après les caresses, je prodiguerais encore de la tendresse, puis je m'en retournerais chez moi, jusqu'à ce que je désire encore, jusqu'à ce qu'on me désire encore et que serait-ce de plus ? partager la couche, les ennuis, des souvenirs ? ce serait beau car je ne mettrais pas d'idées ou souhaits particuliers dessus, mais ce ne serait encore qu'un leurre. on ne connait pas, on ne connait rien, de l'amour tant qu'il ne nous est tombé dessus. j'ai choisi la raison, l'amour sans jardin secret, je l'ai choisi à mon corps défendant, j'ai donné la vie et ne rêve plus. à quoi bonisme.. je ne sais plus rien, plus rien du tout de la vie et des gens.je marche d'un pas lourd, je lève les yeux au ciel pour ne plus voir mes semblables, je recherche la page du livre en cours, je veille, oublie puis me rappelle que je suis morte à cette vie.

Ce dimanche 20 mars 2011

l'eau du désert

c'est son interprétation à elle qui m'atteint plus que celles de samson, argerich, michelangeli ... l'adagio lui parle à elle d'abord, avant de vouloir rejoindre le public. c'est pour ces moments là que je vis. le fugitif instant de beauté qui se dévoile quand je sens et vois l'âme mise à nue. ravel n'a pas eu peur du froid, il s'en est fait une couverture de laine. son émoi fige le temps, ou plutôt le rejoint car il est perpétuel et constant, fixe bien que vif, il est vivant, et ne passe pas. ainsi il s'y promenait comme chez lui à l'heure de la création, le reste du temps qui lui échappait il était un petit homme assis dans un fauteuil sombre, seul. affreusement seul. mais qui blâmer qui n'aurait su le suivre aussi loin, proche de l'âme ? proche du grand coeur blessé et brisé du monde qui a battu et volé en éclat dans l'âme du sauvage Oscar ? (à qui je parle ? je ne sais plus).
quand l'âme est révélée le temps ne s'arrête pas, il revit enfin...

de prime abord on pourrait croire que ce n'est pas elle la plus jolie, mais il faut l'entendre chanter puis l'écouter parler, par moments son visage s'éclaire et devient de toute beauté, c'est elle, c'est bien elle que je vois, qui baigne dans sa propre lumière, estelle, l'étoile blessée. elle a perdu six kilos et ressemble à un halogène, il l'a quittée pour une barbie russe qui veut des papiers et adule marine le pen. joli tableau n'est-ce pas. il a quitté une femme qui exhortait le plus fin et délicat de lui-même pour une beauté sans âme. c'est de cela que j'ai été témoin. ne faut-il pas que quelqu'un lui dise qu'elle doit plutôt que s'inquiéter se réjouir, son âme est sauve, il n'a pas pu la lui dérober ni l'égaler, ni s'incliner devant son oblative beauté qui ne demandait qu'à la lui servir sur un plateau d'albâtre. que faut-il penser de ces hommes qui n'osent que l'ombre d'eux-mêmes, qui se taisent comme des carpes et ne risquent pas la moindre émotion qui les consume. qu'ils sont enfantins. quelle peur les anime. car il serait prêt à se fendre une fois, une fois seule, et ne voudrait pas la manquer. parce qu'ils sont tant pétris d'amertume lorsqu'ils ont une fois vu le gâchis que leur a causé de se montrer vulnérable.

les hommes, les femmes, ne savent décidément pas jouer avec le feu.

je suis triste, mais d'une tristesse heureuse. timothée a dit "l'avenir n'est qu'un présent qui se précipite vers nous"

je m'attendais.. mais me suis perdue en route. je vais mourir implosée de vagues réprimées. on dit que la foi déplace des montagnes, l'émotion d'un homme peut braver les vagues. c'est certain. que la grâce ne nous effraie pas, elle est belle et bien cet instant où l'homme pétri d'invisible apparaît.

je ne dis rien. je baille en écrivant à la bougie. j'ai froid et j'écoute ravel et la respiration de mon fils de sept ans. je suis triste sans être malheureuse.

j'ai mis tant d'amour dans le désir que je ne pourrais le donner à personne peut-être.

je ne vais pas mourir, mais m'endormir. je n'ai pas peur de la mort. quand j'entends ravel, je n'ai plus peur de ne pas être aimée corps et âme. je suis à la fenêtre et je respire en paix. une voile de vent me gonfle l'âme et me berce doucement sur les eaux pâles de l'aube. à l'instant la terre tremble au japon, en lybie, les murs tremblent dans les chambres du viol et de la torture, ravel est mort ainsi que mozart, mais la musique continue, mille fois l'adagio assai est joué au même instant, tandis que glisse le reflet de l'étoile sur les eaux creusant la joue de la Terre. des montagnes de déchets s'accumulent et des montagnes d'émotions nous traversent. les dernières trilles du deuxième mouvement  reverdissent l'air, et ce rajeunissement me réconcilie avec ma peine.je suis plus que triste, je suis émue.

émue. il n'y a personne pour le voir ni le sentir ni le partager. personne de visible. je vais me coucher, pourtant, près de l'humanité, empruntant un fugitif instant sa respiration. montagne qui se déplace en moi, vagues qui me portent au-delà du geste long d'un bras vers l'autre. que je touche de loin.

Ce samedi 19 mars 2011

Le drame

elle n'a pas de secret. elle ne connait pas. elle n'a pas dévoilé.
ni jamais révélé. le visage de la jouissance.

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